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Week-end : Manhattan Delights


Dimanche soir, Miss Zen se repose dans sa chambre d’hôtel : week-end bien rempli de milles petits plaisirs.
Vendredi 18.30, je quitte le bureau. Je suis à la fois triste d’entamer un week-end sans Castor et contente de ma semaine.
Mon nouveau boss me plaît : un peu grande gueule, très direct mais franc et calme. Il me fait penser à Philippe Noiret, sa grande carcasse sans doute, sa façon de se déplacer lentement, son humour pince sans rire, les murs de son bureau couverts de photos de ses labradors et de son vieux cheval. Un homme qui aime les labradors et les chevaux ne saurait être fondamentalement mauvais. Un homme qui se plait à faire enrager le ridicule chiwawa de Diabolo doit forcément être un homme de confiance.

Diabolo qui retourne sa veste maintenant que je suis sauvée des eaux par la grâce de Big Boss himself. Diabolo fait copain-copain, il m’invite dans un bon restau, me parle de son chiwawa qu’il aime plus que tout au monde et dont il parle comme on parle d’un enfant, de ses milles manies obsessionnelles, de son culte de la rapidité et de l’efficacité…. Diabolo est une cause perdue – parfois je suis même triste pour lui. Comme ses vieux jours seront tristes et solitaires.
Mais je préfère vous parler de tout ce que j’ai fait de beau, de joyeux, de rafraichissant et d’enthousiasmant.


Vendredi soir donc, j’ai remonté Madison Avenue direction la Morgan’s Library où j’ai vu la très belle expo consacrée au photographe Irving Penn – 60 portraits d’artistes : Colette, Truman Capote, Arthur Miller ( !), Bergman, de Beauvoir. Je découvre le portait de Chagall, je crois que je ne l’avais jamais vu, je suis surprise par la petite taille de Georgia O’keeffe, émue par la tristesse des yeux de Carson Mc Cullers. Irving Penn révèle au monde la faille de ses sujets. J’ai dîné là dans une ravissante salle à manger bercée par la musique d’un couple de violoncellistes. Rien ne saurait rendre la splendeur de la demeure privée de l’une des plus grandes fortunes américaines mais j’ai eu un tout petit « taste of it ». Et c’était délicieux.

Samedi, je me suis prise pour une milliardaire et j’ai poussé la porte du « Elizabeth Arden Red Door Spa » sur la Cinquième Avenue pour une après-midi de massage, soin du visage, pédicure, manucure et maquillage. Bon dieu : 5 étages dédiés aux papouilles ! Le tout organisé comme dans une banque – on vous remet votre « itinéraire » avec les étages et les noms de vos « therapists » et vous voila circulant en peignoir et clap-clap. Ma manucure et pédicure enfin je veux dire ma « nail technician » s’appelait : Hope. Elle m’a plu Hope.
J’ai adoré mais vous savez: quoi je préfère l’intimité des petits salons parisiens. Gros bémol sur la séquence maquillage, je suis ressortie avec le visage d’une actrice de feuilleton de seconde zone et 10 ans en plus ! J’ai vite effacé tout ça mais faut voir mes jolis ongles !

Dimanche – j’ai fait ma New-Yorkaise 100% terroir. Me voila en route pour la salle de gym « New York Sport Center », je sue sur un des 45 tapis de course dans une salle qui ressemble à un hall de gare. Je regarde le télé-achat en m’époumonant.
Déjeuner avec l’énorme NYT du dimanche (la maquette du NYT Magazine est un délice) Bagel au cream cheese et « Face the Nation » à la TL en bruit de fond.
Je m’enfonce dans le métro direction « Uptown », l’Upper East Side et le MET. Ce musée me rassure – je m’y sens bien, protégée. L’expo « Jasper Johns in Grey » ne me parle pas – ces toiles m’agitent. Je sors. Je fonce vers mes salles préférées. Ouf ; ici je peux papillonner, je cherche les Titien, je tombe sur le Caravage en déambulant. Je me régale – je picore : Lippi, Vermeer, Degas, Corot, Chardin…J’aime tant la peinture.

Il pleut – je décide de déjeuner sur place – je laisse mes pensées flotter au milieu des sculptures.
Il pleut toujours, je m’achète un parapluie ridicule et cher au magasin du musée. Je pars à la rencontre des écureils de Central Park : il fait tout gris et froid. Hommage à John Lennon – je me souviens de ce jour.

Je ne traine pas, direction l’Upper West Side qui reste mon coin favori. Je me ballade malgré le froid, le soleil pointe enfin son nez. Repos au Starbucks du Barnes & Noble, je feuillète des magazines. J’ai choisi un thé glacé –pas idéal pour se réchauffer mais super bon.

Retour dans le métro, repas prétentieux au restau de l’hôtel. Demain retour au bureau : transfert des dossiers entre Satanas qui débarque pour 3 jours et Miss Zen. Heureusement que j’ai pris des réserves de plaisirs car demain les poignards seront sortis. J’espère que Philippe Noiret saura tenir les chiens en laisse !
En attendant, Miss Zen va dormir en pensant; un jour, j’aurai ma petite maison pleine de livres, de romans, la précieuse collection d’ouvrages sur la peinture de mon oncle Charles, le tout entouré d’un joli jardin avec des haies non taillées, une table, deux chaises, une bonne bouteille de vin et mon castor qui me sourira.

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18 réflexions au sujet de « Week-end : Manhattan Delights »

  1. Quel plaisir de m’éveiller en pensant que j’aurai la suite des aventures de Miss Zen à New York…Et elles sont là. Merci, merci tu me permets de voyager avec toi :c’est génial, je m’y crois, tu m’enmène partout avec toi !Ton boss me plait:quelqu’un qui aime les chiens doit etre bon.Courage pour ton affrontement avec Satanas.Encore merci et gros bisous

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  2. Je suis émerveillée de te lire…Vraiment tu as le don de partager ces petits plaisirs avec nous…j’ai l’impression d’y gouter (un tout petit peu!).Merci!Grosses bises.

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  3. Promis, tu écris un livre après ???Alors comme ça tu t’es transformé en actrice des feux de l’amour chez Elizabeth Arden ??? 😉Ah ce diabolo… tu as raison d’avoir de la pitié pour lui …

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  4. Avec un chef qui ressemble à Philippe Noiret, impossible qu’il t’arrive de mauvaises choses. Impensable aussi.Quel plaisir de livre les déambulations d’une french girl in New York.

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  5. Je passe par hasard sur ton blog persuadée que tu n’écrivais rien N-Y oblige. Quelle joie de trouver tes aventures au jour le jour, je me régale. Mais je ne sais même pas ce que tu fais dans la pub. Tu pourrais écrire une histoire sur tes aventures avec Satanas et Diabolo.

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  6. Oh ben oui quand même : Arthur Miller était un artiste… les Désaxés entre autres…je suis ko par ma formation mais je voulais quand même te faire un petit coucou et surtout te lire 🙂Bizzzzz

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  7. c’est bien que tu arrives à profiter de l’ambiance new yorkaise, le fait que ton castor te manque le soir est très compréhensible. Je compatis pour ce dernier élément mais je trouve quand même ton aventure vaut le coup.

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  8. C’est fou ! Je m’absente de la toile quelques jours et je te retrouve à New-York ! Amuses toi bien, veinarde ! tu as vu la freaks collection ? Un des seuls intérêt de cette ville ? Bon, je la connais mal en même temps … Mais vas-y pour y croiser la Lili Barth d’Edith Warton .

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  9. J’aime tellement tes récits. J’aime tellement cette ville, et puis te sentir un peu plus libre, sereine, ca me fait un bien fou. Je suis heureuse pour toi, même si je sais que ton Castor te manque…

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  10. un boss qui ressemble a Ph. Noiret avec des photos de chevaux et des chiens dans son bureaux je pense que tu as de la change …pour les autres courage !

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  11. Mousse : ces derniers jours j’ai pas pu suivre le rythme…moi aussi il me plait mon boss, un peu impressionant mais un good man.Flabber : pas moyen – ils restent solidaires mais ils finiront bien par se déchirer pour sauver leur peauP’tite mademoiselle : c’est vrai que je suis contente d’avoir profité de NY mais c’est long…Lili : merci beaucoup – quand je ne peux pas écrire et partager j’ai l’impression que c’est moins vrai ?Elsa : ben moi non pus sauf que merci, merci, merciMissbrownie : oh ben j’aimerais vraiment beaucoup mais j’ai plein de bonnes excuses et des tonnes de doutesModelshop : faut dire que j’avais du matériel et de quoi raconterMarie Helene : j’espère qu’il me fera parvenir ses bonnes ondes jusqu’ à Paris.Wafa ; j’espere que je serai bientôt débarassé de Satanas et Diabolo au moins un des deux…ils m’ont tellement pourri la vieLe Chat : mais alors j’ai sauté une marche mais je tu fais quoi comme formation ? olalal il fau t vraiment qu’on aille boire un thé !Grenadine : maintenant que cela touche à sa fin, je suis ravie d’avoir accepté, je crois que ce changement me convient même si c’était souvent difficileRosemary : c’est marrant que tu parles d4edith Warton – c’est effectivement une période de la ville que j’adore – j’ai déjà été plusieurs fois dans la demeure de Mr Fricks et cette fois-ci j’ai choisi celle de Mr morgan pour retrouver cet esprit.Vanessa : tu as raison en tant que Miss Zen je me dois de tester ces endroits, c’est mon devoir -je vais expliquer tout ça à Madame Pulot de la Socièté Générale….Nina: allez hop je me ressers un petit verre de vin pour célèbrer ton adorable post…Frieda : attends un peu, il fait encore froidCel : oh oui je me sens mieux comme si plusieurs noeuds venaient de se défaireAnonyme: je croise les doigts, j’ai généralement de bonnes premières impressions

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