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Chronique d’une maman débutante

Je commence une chronique : celle de ma maternité, de mon apprentissage de maman. Je vais vous raconter mes premières semaines sans édulcorant, sans falabala. Un peu comme les Experts sur TF1, les épisodes ne seront pas nécessairement diffusés dans l’ordre (je fais ce que je peux).
Tout le monde parle de l’accouchement. On le redoute, on se focalise sur cet événement, mais personne ne parle très franchement de ce qui se passe après l’accouchement….
Évidemment, chaque naissance est unique, particulière et mon expérience n’est pas universelle. Et pourtant, en parlant honnêtement et ouvertement à quelques amies proches, j’ai découvert que tout n’était pas rose au royaume des jeunes mamans, que tout n’était pas que bonheur et extase….

Pendant 9 mois, le corps bourré d’hormones, je me suis sentie maman jusqu’au bout des ongles. j’étais une bombe atomique d’amour et de bonheur. Et je me suis réveillée un beau matin fracassée : je ne me sentais pas mère, je ne sentais que la fatigue et l’angoisse. On appelle ça le « baby blues » : gentil euphémisme qui ne dit rien du trou noir dans lequel on tombe, de la culpabilité, de la peur que l’on ressent, du choc de ne plus se sentir femme et de ne pas parvenir à se sentir mère
Je voudrais parler de ça, de ce 1er tunnel, de la lumière qui revient doucement.
J’ai la chance d’avoir des amies formidables avec lesquelles j’ai pu vider mon sac, avec lesquelles j’ai pu partager. J’ai la chance d’avoir été soutenue par mon castor. J’ai la chance d’avoir une famille formidable et formidablement bruyante ! J’ai la chance d’avoir un très gentil bébé, zen malgré quelques inévitables coliques.
Cela n’enlève rien à cette expérience inattendue et brutale, je n’attendais que de la joie et du bonheur, et quelques passages à vide dus aux (rares) nuits blanches bercées par l’amour de mon bébé…. et puis la réalité a frappé.

« Le baby blues, c’est le désespoir d’adultes englués dans le rythme d’un nourrisson, ayant à affronter seuls une telle réduction de la pensée » . M Darrieussecq. Le bébé

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24 réflexions au sujet de « Chronique d’une maman débutante »

  1. Comme je te comprends et quand tu as un enfant qui pleure bcp c'est pire 😦 combien de fois j'ai éclaté en sanglots. Heureusement que des grands sourires et rires de bébé succèdent aux larmes. Je songe de plus en plus à écrire sur le sujet.

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  2. Oui comme le soulignes Wafa avec un bébé qui pleure c'est pire…

    peut-être qu'on n'en parle pas de peur d'effrayer les futures nouvelles mamans… je me suis retrouver dans une séance de prep à l'accouchement, j'ai un peu dit de mon expérience (traumatisante) sur l'après accouchement et puis je me suis tu me disant que je n'avais peut-être pas le droit d'effrayer les jeunes futures mamans… sujet très délicat mais quel bien fou de lire ton billet là-dessus…
    Le soleil arrive, le printemps point le bout de son nez…

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  3. « ne pas vouloir effrayer » les nouvelles mères me semble une terrible raison, un peu comme si les femmes n'étaient pas dignes de la vérité, pas tout à fait adultes responsables… Ca me fait penser aux enfants à qui on ne dit pas que le poisson rouge est mort mais qu'on l'a remis dans la rivière pour qu'il soit plus heureux. Oui, c'est ça, c'est de l'enfantilisation, une forme de mépris, d'entretiens d'illusions si abondantes dans la vie des femmes (le prince charmant en est une autre).

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  4. je m'étais fait la même remarque après la naissance de mon premier fils. On ne m'avait pas prévenue, on ne m'avait rien dit du après…et puis le temps a passé et j'ai oublié, et le deuxième est arrivé et je me suis dit mince, j'avais oublié cet après impossible, difficile, crevant fatiguant !!! Et la, je viens de remettre ca, 10 et presque 7 ans après…j'ai encore oublie….pour un temps…Ça va aller, avec le temps, je te le promets.

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  5. Moi je vais plutot m'extasier sur la finesse avec laquelle tu retranscris tes sentiments, tes doutes et tes angoisses, Miss Zen. Nous avons un peu discuté du sujet et ce petit post est un morceau de dentelle fait de tout ça mais tout en nuances. La fragilité est la … avec la vérité et avec le style… continue d'écrire…

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  6. Il est vrai que dans les « manuels », les spécialistes ne parlent que rarement ou très vaguement du baby-blues qui est simplement résumé par la chûte brutale des hormones.
    Pour mon ainé, j'avais cumulé : baby-blues, seule face à lui du fait d'un déplacement pro de plus de 6 mois du papa et le tout s'est soldé avec une dépression post-partum !!
    Alors la culpabilité, j'ai connu.
    Du coup, même si tu as peur de déranger ou de paraitre « mauvaise » mère, n'hésite pas à solliciter ton entourage pour discuter, pour une heure ou deux histoire que tu ailles chez le coiffeur ou juste pour que tu fasses une bonne sieste.
    Sinon, tu vas voir que ca va devenir de plus en plus chouette ! Les temps d'éveil doivent se rallonger maintenant ^^.
    La Bise !

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  7. Quelle galère ces premières semaines.. un passage obligé mais après (parfois plusieurs mois après) ils sont tout mignons, rigolos, et ils dorment 😉 (le sommeil est un élément clé dans l'histoire selon moi).
    Je vais peut-être choquer, mais cette expérience m'a convaincu de la légitimité de l'avortement. Si nous, équilibrées et soutenues, dotées d'un conjoint sombrons dans un tel « tunnel », comment une femme seule et en souffrance peut le supporter ?
    Et au delà, cela fait penser qu'il faut bien être deux, et être prêt à s'en occuper.

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  8. Miss K est très touchée, Miss Zen: merci de nous faire partager ton expérience et d'avoir le courage de reconnaître et de dire l'envers du décor. Une nullipare.

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  9. C'est la première fois que je me permets de laisser un commentaire malgré de petits passages réguliers mais là .. le sujet m'a interpellé. N'ayant pas encore la chance d'être maman moi-même mais y pensant fortement depuis plusieurs mois je trouve ça vraiment touchant et important d'entendre/de lire ce genre de récit … je pense que loin d'effrayer les futures jeunes mamans, ça leur permet de relativiser le moment venu : de se dire justement qu'on est pas une maman indigne mais simplement une femme qui vient de subir l'un des plus grands bouleversements de sa vie …. pour ma part je sais que je me sentirais rassurée de savoir que d'autres avant moi ont ressenti la même chose, de pouvoir mettre des mots sur ce que je ressens à ce moment là … Courage en tout cas et plein de bonheur à vous et à votre petite famille ! :o) Ah et puis j'oubliais … excellente idée cette petite chronique : je vote pour à 200% ;op

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  10. C'est très bon, et très honnête, ce que tu écris.
    J'avoue que je suis surprise de voir le nombre de femmes qui ne s'attendent pas au baby blues, qui n'y pensent pas ou qui ne savent même pas de quoi il s'agit.
    Si je me remémore l'engloutissement qu'ont été les deux baby blues éclair que j'ai eu à vivre, je me dis que non, je n'ai aucune envie d'écrire dessus. Aucune envie de dire le désarroi, la fragilité et l'intensité de ces deux sentiments, de ce temps suspendu qui a été pour moi le second passage de l'état d'enfant à l'état de mère (le premier passage était la venue au monde du bébé)…
    Aucune envie… quoique…

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  11. Pas de vrai baby-blues au sens strict du terme, mais un vieux coup de massue sur l'ego. Je me suis sentie très insuffisante comme maman.
    Le fait d'avoir subi une très mauvaise mère m'a beaucoup aidée. Quand je me sentais déplorable, revenait des souvenirs de mon enfance et d'une mère vraiment pas bonne.
    Je crois que sans ça, j'aurais vraiment plongé à certains moments.
    Bon courage miss Zen.

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  12. ca me rappelle des souvenirs… c'est fou comme ca nous « tombe dessus » comme on se trouve dépouvue. et puis ca passe comme c'est venu. Courage! et merci pour ces jolis mots si bien écrits!!
    Audsie

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  13. G. : oh oui il en faut surtout pour le manque de sommeil….

    Wafa : tu devrais écrire, je trouve qu'il y a un vrai vide sur le sujet et c'est tres déroutant qd la réalité frappe !

    Le Chat : peut-être mais je crois qu'on ne veut rien entendre toute boostee par nos hormones de grossesse….et puis on voit qq jeunes mamans « détruites » et on les revoit qq mois plus tard épanouies, alors on se dit  » ça ne doit pas être si terrible » : il faut juste traverser le tunnel qui est plus ou moins sombre et long….

    Cecile Qd9 : je crois que toute femme qui désire un enfant devrait faire un stage de préparation. Je me souviens de ce reportage sur les filles-meres aux USA: pour enrayer le phénomène, certaines écoles avaient organiser des stages avec des poupées qui se mettaient a pleurer a n'importe quelle heure du jour et de la nuit….. voila une bonne préparation !

    Aude : merci et j'ai bien besoin d'évacuer !

    Tiphaine : je crois que 3 choses me feront du bien :
    1) des nuits
    2) des vrais moments de partage avec lui
    3) reprendre une activite
    Merci pour tes encouragements : je m'accroche !

    Claire : tu me fais tant de bien, je suis tellement dans la zone, j'ai l'impression d'être dépouillée de ma personnalité :alors tes compliments sont de puissants anti-deprime !

    Fra : je dois bien reconnaître que seule, j'aurais totalement sombre …. merci pour tes conseils et ta franchise !

    Anonyme : oh non tu ne me choques pas du tout, je partage ton avis. Et oui le sommeil est clé, je pense que c'est 50 a 60% du problème et cela devient une obsession surtout sur des personnalités hyper-active !

    Miss Brownie : tant mieux pour toi !

    Anonyme : oh oui je deteste ces termes qui conviennent a des vaches ou des singes !!!!

    Miss Cupcake : merci de laisser un message. Je ne veux effrayer personne mais comme tu le dis partager, avertir afin que la réalité ne soit pas si énorme. Un médecin m'a dit que vu le bouleversement hormonal subit « il ne comprend même pas comment les femmes peuvent survivre a ça  » : alors on ajoute la fatigue, la peur, ….. et c'est parfois explosif. Donc je veux juste partager, me rassurer et rassurer les autre qui pourraient en avoir besoin.

    May : c'est marrant ce que tu dis : je viens de finir mon biller sur l'accouchement et la maternité mais j'hésite a le publier. JE voudrais oublier cet engloutissement des premières semaines. Ce n'est pas rose tous les jours après mais c'est plus gerable…. Engloutissement est le mot juste, oh si juste !

    JE reviens répondre aux autres messages !

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  14. Marie Helene : je crois qu'on se fait toutes une idée de ce que devrait être une mere et puis on met la barre trop haut et on se sent inadaptée, pas faites pour ce métier. Il faut sans doute inventer sans copier ?

    Ya : cook him ? Un peu trop radical, isn't it !

    Podane : oui il semblerait que ce qui suit efface les mauvais moments ! Il est ou le bouton « avance rapide » ?

    Mel : merci de m'encourager….

    Cassandra : oui j'ai bien conscience que le manque de sommeil met de l'huile sur le feu….

    Anonyme : ça passe petit a petit, les nuages s'en vont doucement mais j'attends encore le soleil !

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  15. Quand il va commencer à sourire ce sera déjà mieux.
    Pour ce qui est de prévenir les futures mamans, je ne veux pas être oiseau de mauvaise augure, j'aurais détesté qu'on me dise tu vas voir c'est « horrible » (ou autre), d'ailleurs je ne sais pas si on peut le comprendre et l'entendre sans l'avoir vécu, et toutes mes copines ne l'ont pas si mal vécu.
    Entre un BB qui fait ses nuits à 3 semaines et un autre à 4 mois voire 2 ans, le temps de récupération n'est pas du tout le même. Le premier mois on tient sur les nerfs, le deuxième y'a plus rien pour tenir. Bon courage ça va passer !

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  16. Je viens de lire le billet… j'adore.. je suis carrément dans le même esprit.. justement je trouve aussi que le coté « non idyllique » de la maternité est trop absent.. sans doute pour ne pas effrayer les futures mamans.. et pourtant.. pourtant.. je trouve que justement, en utilisant les mots justes, comme les tiens, ça ne peut qu'être profitable.. se mettre dans l'idée que tout n'est pas aussi rose et mielleux qu'on le dit.. que parfois, c'est difficile.. comprendre pourquoi on ne cesse de rabacher qu'il faut se reposer.. c'est quand on le vit qu'on comprend tout ça, qu'on prend tout de plein fouet..
    J'espère lire la suite..et donc j'espère qu'il y aura une suite!!

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  17. OUhlala ! et quand à la base déjà tu as toujours une sensation de vide ou de culpabilité ca doit etre encore pire avec l'arrivée du tiot!! Heuh il doit y avoir une solution pour combattre ce malaise, en tout cas bon courage ;-))

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