Uncategorized

Sur la comète

Je mène à Bruxelles une vie tout à fait artificielle. Je suis logée, nourrie, blanchie. Les journées suivent le même rythme qu’à Paris mais elles me semblent moins monotones. La maison de mes parents est un cyclotron, un tourbillon de visites, un carrousel familial : ma sœur, mes nièces, une tante, une cousine, des amis, des voisins, …. Je me surprends, moi la solitaire, a aimer cette vie de tribu qui rompt l’isolement de mes journées de maman parisienne.

J’aime Paris, j’adore Paris mais ces dernières semaines, je louche de plus en plus vers Bruxelles. Bien entendu, il y a l’aspect pratique. La vie avec un bébé y serait plus simple : proximité de la famille et des amis, pas de gymkhana poussette dans les ascenseurs, moins de pollution, jolies écoles, jardins gazouillants,….

Mais au-delà du côté purement logistique, j’apprécie ma ville natale pour plein d’autres raisons :
-la douceur, le confort des maisons qui sont comme des cocons, cette chaleur qui se dégage de la grisaille, de l’humidité et du froid.
-une certaine douceur de vivre, des rythmes moins intenses, plus humains : il me semble qu’on sait encore vivre lentement à Bruxelles, ce qui ne veut pas dire se tourner les pouces mais mieux équilibrer les différentes facettes d’une vie, mieux équilibrer les plateaux.
-un esprit moins cartésien, élitiste et rationnel, le belge est plus ouvert, plus « gentil », plus chaleureux. Lors de mon premier séjour bruxellois, après mon accouchement, j’ai dû prendre RDV avec le gynéco de ma mère. J’ai eu avec lui un discours bienveillant, j’ai découvert un médecin totalement à l’écoute qui prend en compte le psychologique, qui n’hésite pas à conseiller au-delà de son ordonnance. C’est grâce à lui que j’ai pû reprendre pied. Même impression avec la kiné chez qui je poursuis ma rééducation : plus d’écoute, de prise en charge globale, plus d’attention…
Dans le boulot aussi, il me semble qu’on valorise plus l’expérience, le parcours alors qu’en France le poids du diplôme, de la « Grande Ecole », est si prépondérant. Il y a certes moins d’opportunités que dans une ville comme Paris mais peut-être plus de possibilités ?
-le côté village : ici, je croise tous les jours une amie, un ancien collegue, un professeur…. Maintenant que j’ai un enfant, j’aime retrouver mes racines, les ressentir plus intensément pour mieux les transmettre ?
-une approche plus relax de la vie, moins perfectionniste, moins élitiste : ce qui n’a pas que des avantages mais la pression parisienne est telle !

-le marchand de glace dans sa camionnette
-les gosettes, le cramique, les boulettes, les croquettes aux crevettes….
-parler belge et dire par exemple « on va au vidéo, louer un DVD », « deux couques au beurre s’il vous plaît », « je te dis quoi, ça va »…..

Il y a 4 mois, j’ai accouché d’un petit garçon mais aussi de 10 ans d’espoir. J’ai porté cet espoir à bout de bras et quand il s’est concrétisé, je me suis retrouvée face à un grand vide, une grande page blanche. C’est sans doute pour ça que je contemple cette possibilité de retour au pays, pour combler le besoin de créer un nouveau projet après cette naissance.
Je creuserai cette soif de buts et de plans lors de mon prochain billet….

12 réflexions au sujet de « Sur la comète »

  1. Quel tourbillon un enfant, hein ?

    ça remue tout… le superficiel, le concret, l'enfoui, le caché…

    je t'envie ce bien-être (re)trouvé sur les terres de ton enfance, profite de cette parenthèse qui s'offre à toi et je ne doute pas qu'avec le temps tu trouves la voie qui convienne le mieux à toi et tes 2 hommes…

    J'aime

  2. Bruxelles … Tu donnes drôlement envie de s'y installer, en tous cas.
    Ceci dit, c'est justement pour ce genre de vie artificielle que j'aime rentrer chez mes parents !

    Un bisou au petit Antoine 🙂

    J'aime

  3. Et peut être commencer une nouvelle chose, une idée à faire germer … Paris s'était déja loin, Bruxelles, pfff, mes petits mollets ne vont pas le supporter !!

    J'aime

  4. Bruxelles, pour y passer quelques semaines par-ci par-là, je n'y ai jamais rencontré quelqu'un de désagréable. Ca change la vie, tout est plus facile, calme. Je suis bien d'accord avec toi, on se pose des questions sur le délire de la vie parisienne.
    Question magasins mon N°1 c'est « Just In Case », et la petite boutique de papier/cahiers rue de Flandres juste à côté. Et les croquettes de crevettes -en journée- du café qui fait l'angle des deux rues: « le laboureur » je crois.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s