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Du temps au temps

Antoine a bouleversé ma vie, j’ai souvent effleuré le sujet sans jamais creuser.
J’ai toujours les mêmes rêves mais je n’ai plus les mêmes envies, les mêmes besoins.
Antoine me donne envie de plus et de moins.
Plus de bon temps en famille, plus d’amis, plus de bons livres, plus de vraies bonnes choses, plus de belles choses.
Moins de bruit pour rien, moins de vacarme, moins d’agitation, moins de succès en frigolite.

J’ai ressenti ce besoin de « moins » dès ma grossesse et depuis je ne cesse de pousser plus loin, d’inverser les compteurs : moins de possessions, plus de passion.

Avant, ma vie était un tourbillon : tout allait vite et souvent sans beaucoup de joie. Ne rien savourer vraiment, presque jamais de temps pour la famille ou les amis, sauter de plaisir en plaisir pour compenser à toute vitesse : les restaurants, les soins, les vêtements, les produits de beauté, les DVDs et les livres. Entasser sans profiter.

Antoine me prive de beaucoup de temps et il me force à prendre le temps : le biberon du matin, les repas, les promenades, le bain, le coucher qui sont des parenthèses, des boutons pause.

Et quand il reste enfin du temps pour moi, pour nous ; je me régale. Du coup je consacre ce précieux temps à ce que j’aime vraiment, je ne butine plus frénétiquement. Je réfléchis avant d’acheter un livre, je n’entasse plus tous ces magazines, je ne passe plus 3 heures à me prendre la tête sur ma tenue, je choisis les restaurants avec tout le sérieux d’un grand critique gastronomique.

J’ai bien entendu renoncé (pour l’instant) au jogging, à mes collages, à mon livre…. J’en suis parfois frustrée mais je sais que je traverse des cycles avec Antoine. Et j’accepte (j’essaye) que je ne peux pas tout faire en même temps. Un jour, j’irai courir avec Antoine sur son vélo ? Un, jour je ferai mes collages pendant qu’Antoine mettra de la gouache partout sauf sur sa feuille…
J’ai désormais cette chance de connaître toutes ces facettes du bonheur.
Je retrouve la saveur des choses.

Antoine me force à plus d’honnêteté :

– Pourquoi un grand appartement à Paris quand j’ai envie d’emmener mon fils dans la foret, de lui louer un cuistax au bord de la mer, de lui apprendre à faire des cumulets dans le gazon ?
– Pourquoi de nouveaux tailleurs, de nouveaux escarpins quand j’ai envie d’horaires plus flexibles, d’un job sans patron ?
– Pourquoi laisser l’essentiel de mon salaire pour payer la nounou et aller bosser sans envie, sans passion.

Je suis plus décidée que jamais à vivre mes rêves. Il y aura des sacrifices à faire …. Il faudra serrer les cordons mais je suis plus que jamais convaincue que la frugalité, c’est la liberté… la suite au prochain épisode.

17 réflexions au sujet de « Du temps au temps »

  1. Très joliment écrit.

    Je comprends ta démarche. J'ai eu une phase de ma vie où faire une quantité de choses invraisemblables et à les faire tout à fait comme il faut mais le hic, c'est que je n'avais pas le temps d'apprécier. Je n'étais que dans le faire.
    Bon courage pour gérer ce changement pas forcément simple à mettre en oeuvre.
    Mes excuses pour le charabia qui montre bien que dans ma vie précédente, j'évoluais dans un autre univers !
    Ps : Straus a été mon prof et a bien changé depuis.
    Quant à Lula, j'avais comme camarade de promo et vague copain son ancien ministre des finances qui semble avoir fait un travail remarquable. Ce que jamais je n'aurais pu imaginer.

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  2. Comme j'aime te lire… comme j'aimerai arriver à passer ce cap de l'acceptation de la frugalité.. du bonheur et de la liberté.. ne plus penser que ma vie est du genre échec et sacrifice…J'en rêve de ce passage à moins de choses pour plus de bonheur..; j'enclenche la 1ère vitesse parfois, mais je reviens vite au point mort..A te lire, je me dis que moi aussi un jour j'y arriverai…
    Merci de mettre de si belles choses.. de si beaux mots à notre disposition..

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  3. Un passage obligé avec l'arrivée d'un enfant … notamment lorsque l'on prend conscience qu'il faut profiter …
    Profiter de ce petit bout de nous, de son homme, des rares moments à soi …
    J'en suis venue à la même conclusion pour les mêmes raisons je crois … et tout comme toi, certaines choses se sont allégées lorsque d'autres ont pris plus de poids dans ma vie !
    j'ai regretté quelques semaines cette perte de légèreté mais finalement je ne regrette plus rien … ma nouvelle vie me va comme ça et je savoure chaque moment …comme de vrais bouchées de bonheur …je vois ma vie sous un autre angle …et j'y découvre tellement de nouvelles choses baignées par cette nouvelle lumière …

    Ah les enfants nous changent c'est certain ! 🙂

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  4. J'admire ton courage… tu as la force d'aller au bout de quelque chose que je me refuse à accepter.
    Je prends le temps, mais ce sont des parenthèses bien trop courtes. Je ne sais pas encore où est mon équilibre, je crois que j'ai la trouille.

    P.S. tu utilises de mots que je ne connaissais pas : frigolite, cuistax, cumulets… tu m'ouvres des horizons ;o)

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