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Les « bonnes » valeurs

Il y a quelques temps, j’écoutais à la radio une émission sur la visite de la Reine Mathilde (la reine des Belges – au plat pays, on ne dit pas Reine de Belgique, encore un truc qu’on ne fait pas comme les autres), je disais donc la visite de la Reine à un groupe de mères actives.
La reine avait demandé quelles valeurs ces mères essayent de transmettre à leurs enfants. On a entendu beaucoup de clichés, de réponses toutes faites, un peu comme les questions à Miss Univers sur ce qu’elle voudrait faire pour changer le monde.
Mais je dois bien avouer que j’aurais aussi été prise de court et que j’aurais sans doute répondu une grosse ânerie.

Du coup, j’ai (un peu) cogité.

J’ai personnellement été biberonée à coup de « tu seras indépendante ma fille » : ce qui a viré chez moi à l’obsession.  A tel point que j’ai toujours autant de mal à demander de l’aide et que je crois toujours qu’il est impératif que je fasse TOUT TOUTE SEULE.
Je suis aussi marquée au fer rouge par « met toujours de côté une poire pour la soif » d’où mon immense intérêt pour le minimalisme qui permet de ralentir sa consommation sans passer pour une vieille hippie radine.
Ceci dit, je remercie profondément mes parents d’abord pour la modernité de leurs préceptes – mon père étant né dans les années 30, il était probablement très en avance dans sa volonté farouche d’autonomiser ses filles et je les remercie tout aussi intensément de m’avoir inculqué la valeur de l’argent, ce qui m’a permis de changer de vie quand la version précédente me fut devenue justement invivable.

Bref, je m’égare encore.

Alors quelles sont ces valeurs que j’aimerais transmettre à Antoine :

J’essaye qu’il soit curieux, tolérant ouvert : il fréquente des blancs et des moins blancs, des riches et des moins riches, des croyants et des moins croyants. Il comprend que les belles personnes sont partout, mélangées. On lit beaucoup, on visite beaucoup. Les gouts du castor et les miens se mélangent pour lui proposer un savant cocktail d’activités. De temps en temps, j’essaye de l’entrainer vers ce qu’il rejette, juste pour voir. Son école fait un super boulot sur le plan humain, sur l’ouverture d’esprit, sur la joie d’apprendre et de découvrir.

Evidement, j’essaye qu’il soit autonome, indépendant (les chiens ne font pas des chats) :
Je le pousse doucement à se débrouiller seul au quotidien mais je suis bien plus vigilante sur sa débrouillardise intellectuelle (pas son quotient). Dans notre monde de réseaux sociaux, j’essaye de lui apprendre à penser seul,  de lui donner confiance en son jugement, son intuition  pour qu’il ne suive pas les autres aveuglement, pour que le regard des autres ne soit pas crucial.
Je voudrais qu’il n’aie pas systématiquement besoin d’approbation, d’admiration, de petite tape dans le dos.
Je voudrais qu’il soit capable de garder son petit grain de folie, de ne pas vouloir se conformer à tout prix, de tracer sa propre route et avoir la force, l’énergie, le courage de la tracer seul si besoin.

Au jour le jour, je l’encourage beaucoup à exprimer son avis, à développer un regard critique , à ne pas suivre aveuglement les copains mais à écouter sa propre petite voix et si besoin faire cavalier seul.
Je l’encourage même parfois à remettre les règles en question, à proposer autre chose, il a un peu de mal quand je lui dis que même la maitresse n’a pas toujours raison (il me prend pour une folle, c’est pas grave j’ai souvent pris mon père pour un fou, après j’ai compris où il voulait en venir).

J’essaye de lui inculquer la générosité, le partage, l’entraide : Je suis assez attentive, le koala n’ayant pas de frère et sœur, je ne voudrais pas qu’il devienne un petit tyran. Parfois, j’ai l’impression que ce n’est pas vraiment au point. Mais finalement, je constate une vraie générosité, une vraie empathie au chagrin des autres, et une vraie volonté de ne pas blesser, de venir en aide.

Et puis et puis, on ne se refait pas mais je suis très à cheval sur la politesse. C’est tout bête mais je pense que c’est la base du respect de l’autre.

Indépendance, autonomie, curiosité, générosité, respect : un grand chantier, je sème mes petites graines et puis il en fera ce qu’il voudra, ce qu’il pourra…..

Et vous ?

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6 réflexions au sujet de « Les « bonnes » valeurs »

  1. « J’ai personnellement été biberonnée à coup de « tu seras indépendante ma fille » : ce qui a viré chez moi à l’obsession. A tel point que j’ai toujours autant de mal à demander de l’aide et que je crois toujours qu’il est impératif que je fasse TOUT TOUTE SEULE. » –> ça me rappelle quelqu’un … 😉
    Ma mère aussi nous a toujours appris à ne dépendre de personne. Et chez moi, cette indépendance est un besoin viscéral.

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  2. Je vous rejoins, les filles.
    l’indépendance et même la liberté, est une conquête indispensable pour une femme. Pour un homme aussi, bien sûr, mais surtout pour une femme. Si vous voyez ce que je veux dire…
    Le koala sera bien élevé, n’aie aucun doute là-dessus !
    Gros bisous miss. Tu m’as émue une fois de plus.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. Très bon article. Notamment sur le fait que tu mets en garde ton enfant à ne pas suivre forcément tous ses copains.

    Ma mère était vraiment indépendante donc elle ne m’a pas transmise cette valeur puisqu’elle en connaissait bien les affres. Une femme qui vit en couple ou qui est mariée n’est pas indépendante puisqu’elle ne l’est pas économiquement. Si un jour, elle a une faille économique alors elle peut, elle doit compter, puisque ce sont les obligations du mariage, sur l’aide économique du conjoint et réciproquement.

    Maintenant on peut être indépendante quant à sa façon de penser mais c’est rare puisque nous sommes de plus en plus manipulés. Pour ne pas l’être, il faudrait ne plus avoir accès aux médias. La valeur que l’on m’a transmise c’est celle de ne pas faire d’enfant, parce que ça n’en valait pas la peine.Je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais en tous les cas c’est comme ça. L’autre valeur que l’on m’a transmise c’est la valeur immobilière. Pour le reste j’ai dû me créer un système de valeur toute seule et la plus grande c’est celle d’écouter ma petite voix comme tu l’écris si bien dans ton article.

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  4. Je crois qu’aujourd’hui une femme peut vivre en couple et restée indépendante économiquement. Ma vie serait moins confortable mais j’ai toujours veillé à garder mon indépendance financière. Je serais bien trop angoissée de dépendre à ce point de quelqu’un et ce n’est pas mon idée du couple….
    Finalement on prend un peu de ce que nos parents nous ont transmis, beaucoup de ce que la vie nous a appris et on crée son propre système…..

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