Les jolis moments humeurs

Coming Out

Ca y est, c’est officiel : je suis ménopausée.Voyons les choses du bon côté : n’ayant pas encore atteint les rives du demi-siècle, j’aurais au moins été précoce une fois dans ma vie !

A l’ère du féminisme triomphant et vindicatif : reconnaissons quand même que la ménopause reste un sujet tabou. On aime pas trop le crier haut et fort parce que cette période est encore considérée comme une antichambre de la vieillesse, de la décrépitude et du prochain séjour en EPHAD. J’exagère à peine, le mot provoque l’effroi. Si je pose la question à des amies, j’ai souvent droit à un regard horrifié, un démenti véhément comme si je venais de leur poser une question sur une pratique sexuelle particulièrement honteuse.


Il y a comme une chappe de plomb autour des sympathiques symptômes de ce phénomène hormonal. Même les médecins sont souvent mal à l’aise et balayent toute plainte d’un revers de la main paternaliste et condescendant.
Bref,  on se sent un peu seule au royaume des « peaux matures et du planché pelvien ». Le mythe de la quinqua triomphante n’est pas toujours visible dans le reflet de mon miroir  car voila je gonfle, je surchauffe, je flétris, je me fatigue, je vire soupe au lait, je compte souvent les moutons et je grince des articulations. Et j’exagère à peine mais heureusement je ne subis pas tous ces revers simultanément. « Ah ! jeunesse !…, jeunesse !…, passez moi la bouteille » disait Conrad (et encore il n’avait pas à subir des assauts hormonaux).

Mais je ne me laisserai pas faire, je ne serai pas une victime consentante et d’ailleurs j’ai commencé la lutte. Car je suis jeune  » bordel de merde », mon fils est encore en primaire, ma mère est aussi vaillante qu’une trentenaire, et je bouillonne d’idées, de projets, de rêves. Aussi, j’ai décidé de considérer la période comme une sorte d’adolescence à l’envers : le début d’un nouveau cycle plein de promesses et de possibilités.
J’ai sorti l’invincible armada :  vitamines, kit sommeil, programme dérouillage, kiné géniale, posture de danseuse, crèmes et huiles onctueuses. Je devrais encore ajouter week-endS au spa, massage hebdomadaire  : je m’en occupe, je suis en contact régulier avec Monsieur Euro Millions. Chaque chose en son temps. En attendant, cet attirail m’aide. Je détaillerai peut-être tout ça dans un autre billet  même si mes lectrices doivent être beaucoup trop jeunes  vu les récits déjantés que je partage ici.


Mais surtout, surtout, j’essaye de toutes mes forces de profiter du jour qui vient. Je ne me réveille pas tous les jours guillerette, j’habite quand même le Nord où les sombres aubes hivernales feraient ravaler le sourire de toutes les princesses Disney. Mais je trouve de l’énergie, de la détermination et de l’envie dans mon parcours : j’ai traversé des vallées de roses, des montagnes de joie, des tempêtes, des déserts, je n’en ai pas fini avec les montagnes russes de la vie et pourtant de plus en souvent , envers et contre tout, je pourrais faire mienne cette petite phrase : « Je m’éveille le matin avec une joie secrète, je vois la lumière avec une espèce de ravissement. Tout le reste du jour, je suis content » (Montesquieu)

Il me semble que c’est un excellent élixir. Et pour conclure plus prosaïquement, le titre du film « Marie-Francine » de Valérie Lemercier a été traduit par « 50 is the new 30 ». Tout va bien ! Et vous ?

10 réflexions au sujet de « Coming Out »

  1. Que nenni, tu as une lectrice la soixantaine bien tapée, autrement dit archi ménoposée ( à 45 ans!). Je confirme: ce n’est pas un gros mot. Et c’est grâce à des récits déjantés tel que le tien que je me maintiens en forme. Merciiii à toi, j’adore ton humour. Bichonne toi, tu as raison. Et la bonne nouvelle, avec le temps, tout s’arrange.

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  2. Bonjour,
    J’ai rejoint officiellement le club en février (à presque 48 ans..)..je pense que j’étais déjà ménopausée depuis un peu plus longtemps mais mon diu hormonal a fichu le bazar dans mon corps et mes hormones..le faire enlever a été une décision salvatrice. Certes, cela a révélé une ménopause un peu précoce à mon goût, maisi à cet âge cela n’est pas rare non plus…C’est vrai qu’on parle peu et à mon avis souvent mal, donc merci pour ce billet ! J’avais principalement l’image de Claire Underwood, dans la série « house of cards » qui se met la tête dans frigo..Mais toutes les femmes ne sentent pas les mêmes effets..Perso ce qui me dérange le plus c’est les pertes (momentanées!!!) de mémoire et parfois une certaine confusion, je trouvais ça flippant mais en me documentant j’ai fini par me rassurer. Il y des conférences TED (en anglais) intéressantes sur le sujet. Je ne sais pas ce que tu en penses (je te tutoie car on est jeunes et cool :=) ), mais je trouve qu’on ne parle pas assez de la période d’avant, la préménopause / périménopause. Au début je ne comprenais pas bien ce qui se passait.. J’ai trouvé cela aussi gênant, voir plus que la période que je vis actuellement (bon j’ai peut-être pas encore tout eu..). Ça devrait être mieux expliqué je pense, notamment par nos amis les médecins et autres gynécos..J’ai changé mon suivi gynéco et fini par trouver des praticiens bienveillants, je fais du sport, du yoga..et je commence à un moins me soucier du regard des autres (y’a du boulot mais en vieillissant, je me dis plus facilement, « foutu pour foutu, autant s’amuser. ».).. C’est super d’avoir un enfant jeune et une famille en forme..J’ai perdu mes deux parents et n’ai plus de frère et sœur non plus. Restent la famille qu’on a construite (quel bonheur), les meilleurs amis..et tous les petites interactions humaines qui font aussi le sel de la vie !

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    1. Moi aussi j’oublie plein de trucs et je mettais ça sur ma distraction légendaire ! Du coup, je vais aller voir ces conférences TED (au lieu des tutos make-up pour femme mûre….).
      Je suis d’accord avec ton ressenti sur la péri-ménopause, mon gynécologue me disait « mais non vous êtes trop jeune » même si ma mère avait aussi eu des symptômes très tôt. Je me suis heurtée à un mur avec des commentaires du type « de toute façon il n’y a rien à faire ». Du coup, moi aussi je suis en recherche de quelqu’un de plus à l’écoute.
      Profite bien de ta famille de coeur et du sel de la vie (je te conseille un très chouette petit livre de Françoise Héritier « Le sel de la vie : lettre à un ami)

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  3. Merci pour ce billet plein de pep’s et d’optimisme que je viendrai relire dans les moments où je vacille. Je suis d’accord avec toi à 200% et je te remercie infiniment d’aborder le sujet car j’ai des symptômes étranges depuis environ un an et je me demande si ce ne serait pas la périménopause qui me tend les bras. Honnêtement, si c’est le cas, champagne, car même si j’ai l’impression d’avoir des bouffées de chaleur qui ne sont pas liées qu’aux températures extérieures, j’en ai tellement bavé avec mes règles que je veux bien supporter les affres de la ménopause pour en être débarrassée. Ou plutôt devrais-je dire, de manière plus lucide, que lorsque je me plaindrai des dites affres, je me rappellerai que le phénomène a aussi ses avantages.
    Bref, merci encore pour ce billet qui fait un bien fou ❤

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    1. Mais c’est vrai qu’il y a quelques bons côtés et comme toi ces règles douloureuses mont souvent pourri la vie. Effectivement, le phénomène commence en pointillé, par soubresauts et donc trouver un médecin à l’écoute est un vrai plus
      Et merci pour tes gentils mots et très beau week-end 🙂

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